Éternelle angoissée

Oui oui c’est moi l’éternelle angoissée ! Et quand je dis « éternelle », j’y tiens, ce n’est pas de la dramatisation, car j’ai des souvenirs remontant aussi loin que la maternelle où j’avais des crises d’angoisse à en avoir mal au ventre les jours où on allait à la piscine avec la classe notamment !

Bref depuis ma plus tendre enfance donc rien n’est simple et beaucoup de choses me mettent sous stress… vous comprendrez aisément que ce déménagement international et ce changement de vie ne m’ont donc pas épargnée !

J’étais aussi bien stressée quand je suis venue au Québec en 2005 hein, je m’en rappelle bien encore des au revoir à la gare pour monter sur Paris… pfff j’avais juste envie de balancer mon billet et de faire demi-tour ! Heureusement que je ne l’ai pas fait !

Par deux fois d’ailleurs j’ai fait demi-tour au dernier moment !

La première fois j’avais 19 ans, j’étais en licence et je m’étais inscrite pour aller passer un an en Allemagne pour enseigner le Français. Évidemment le but était de continuer les études en même temps si possible… mais je me retrouve affectée à Bad Gandersheim, à mi-chemin entre Hanovre et Göttingen ! Je profite de mon stage de licence à Hanovre pour aller voir à quoi ça ressemble… Bon bah c’est joli hein, des maisons typiques, un lac tout ça, mais bon, pour une étudiante de 19-20 ans, pas le gros trip de devoir prendre la bagnole pour aller en cours, sortir, rencontrer du monde… du coup quasiment à la dernière minute, j’ai renoncé !

Source

Les années passent, je décroche mon dernier diplôme en 2003… et en 2004, j’ai l’opportunité d’aller à Francfort cette fois, travailler pour Nintendo ! Je passe des tests, des entretiens, je suis prise… bon c’est sûr que les conditions étaient pas optimales, mais bon, le fait est que j’ai refusé aussi, pis qu’après j’y ai souvent pensé en me disant que j’aurais dû y aller, au moins essayer et que j’avais manqué ma chance de mettre un pied dans le monde de la traduction et des grosses entreprises (toujours pas mal sur un CV !)

Source

Du coup là même si j’ai l’impression d’être devant une montagne immense et infranchissable, et que quitter ce qu’on a construit ici, notre petite vie et notre confort matériel, est difficile, je me fais violence ! Ça va être dur de quitter Montréal et je savoure chaque instant passé dans cette ville que j’adore (oui oui Romain c’est possible 😉 ), mais paradoxalement j’ai hâte d’être dans l’avion et de découvrir de nouvelles choses, de briser cette routine certes confortable, mais qui peut être dangereuse parfois !

Source

16 réponses à “Éternelle angoissée”

  1. 1

    Je te comprends, moi en licence j’avais le choix de plusieurs pays dont les US qui me faisaient rêver mais j’ai choisi Montréal parce qu’au moins on parle français et ça me rassurait! J’ai toujours un peu regretté mais comme rien n’arrive par hasard, je suis sûre que ces contre-temps nous permettent d’être là où l’on est aujourd’hui.
    C’est sûr qu’un changement comme ça fait peur mais en même temps c’est toujours excitant de découvrir une nouvelle vie et puis rien n’est définitif de toute manière… 🙂

  2. 2

    Oui tout à fait ! C’est ce que je me dis aussi quand j’y repense 😉 Je serai sûrement jamais venue à Montréal si j’avais fait ces choix !

    Pis comme tu dis, rien n’est définitif, je trouve ça d’ailleurs hyper rassurant d’avoir le passeport canadien, rien que pour ça, y’a vraiment un déclic qui s’est fait en moi le jour où je l’ai eue 😀

  3. 3
    Elena

    Ah!! Moi j’adore les bouleversements, les nouveaux départs et le changement!! Je trouve que c’est une façon de se remettre à l’épreuve, de se repenser, de voir de quoi on est encore capable. Pour nous, il y a eu des pics, des bas, des modulations, mais ça nous a fait devenir plus forts et plus solides.
    D’ailleurs, même aujourd’hui j’ai besoin d’imprévu, d’aventure, de changement. et régulièrement nous cassons notre quotidien.
    On en reparlera mais je suis convaincue que tout ira bien et que de chaque nouvelle expérience on en sort grandis.

  4. 4

    Oui il faut saisir les opportunités, mais en même temps quand tu le sens, tu le sens pas ^^
    Mon seul regret moi c’est juste de ne pas être partie de France plus tôt !

  5. 5

    Elena : oui c’est exactement ça qu’on veut faire et dont on a besoin, casser un peu le quotidien 😉

    Marlène : ouais la France franchement ça nous tente pas pour le moment… du tout ! On verra si le fait de se rapprocher change quelque chose 😉

  6. 6
    Émilie

    Et oui pas facile, mais je peux t’assurer que c’est maintenant jusqu’aux 1ers jours de ton arrivée que c’est le plus difficile. Une fois que tu auras un toit sur la tête et qq meubles, tu pourras avancer sereinement et commencer qq escapades. Finalement après qq mois, je suis très heureuse de notre nouvelle vie 🙂

  7. 7
    Émilie

    Je me souviens encore de la dernière fois que j’ai fermé la porte du Condo, j’avais tellement le goût de brailler, ma fille y avait passé ses 1ers mois, c’était tous nos repères ! Je me sentais tellement « homeless » tant qu’on avait pas notre « chez nous ! Et finalement l’humain est bien fait, il sait se refaire un nid ou qu’il soit 🙂

  8. 8

    Ouais j’imagine… moi aussi en me disant que c’est là qu’il aura passé ses premiers mois, ça me donne le cafard 😉 Pour ça que j’ai hâte d’arriver !

  9. 9

    Dit toi que maintenant, tu as fait un bon bout de chemin et que tu es lancée. Effectivement, les derniers jours sont les plus durs, mais je crois aussi que c’est un stress nécessaire pour vivre ce genre d’étapes dans la vie ! Je me rappelle tellement mon départ pour Athènes ou celui pour Montréal (quoi que, le fait d’avoir soutenu ma thèse 48h avant de partir a fait que je me suis concentrée sur autre chose, mais effectivement, je n’avais pas l’air maline dans le train). Dans tous les cas, tu l’as fait une fois, tu arriveras à le refaire maintenant.

  10. 10

    Ouais Laure c’est ce que je me dis aussi 😉 Tu sentais la suite comment quand tu as quitté Athènes ? Vu que j’ai cru comprendre que la Grèce et sa culture restait une grande passion pour toi ! Tu te disais que tu allais revenir ? Tu as laissé tout ça derrière toi sans te retourner ?

  11. 11

    Je savais déjà depuis un bout de temps que la Grèce ne serait qu’un temps dans ma vie. On n’avait pas le goût, pas l’enracinement familial et autre qui nous aurait permis d’y rester (le réseau familial est très fort pour beaucoup de niveaux dans la société) et surtout je savais que boulot, c’était mort pour moi… La suite, nous a donné raison quand on voit cette crise qui n’en fini plus et qui me lamente aussi pour ce pays que j’affectionne particulièrement. En plus, j’ai vécu cette Grèce en tant qu’étudiante, pas en tant que professionnelle, l’inverse pour mon homme qui a tout connu : VIE, travailleur local et autonome. La Grèce reste une merveilleuse tranche de vie, même si parfois tout n’a pas été simple, mais vraiment un magnifique souvenir que je ne regrette pas (c’est quand même là que j’ai rencontré Benoît et de très très proches amis). La Grèce, maintenant, c’est pour les retrouvailles. Quand j’ai quitté Athènes et que je suis montée dans le taxi qui m’a amené à l’aéroport, ni l’un ni l’autre n’étions fiers, quand j’ai dit au revoir à mes amies, c’était atroce, mais on savait aussi que ces choix c’était pour avancer. Alors, on a pleuré un bon coup, respiré et on est monté dans l’avion. Et maintenant, je n’ai qu’une hâte y retourner avec la minie pour la présenter à mes amies, y retourner plus tard quand elle sera plus grande pour lui faire découvrir là où ses parents ont vécu et ce pays qui nous a accueilli pendant plus de 5 ans ! La Grèce fait partie de moi et de ma vie, mais je sais au fond de moi que je suis partie au bon moment. J’avais fait un bilan après la fois où j’y étais retournée il y a 2 ans, si tu es curieuse, c’est ici : http://www.lespimous.com/2010/06/a-athenes-boucler-une-boucle/. Bref la Grèce, maintenant, c’est pour le plaisir, il fallait juste tourner la page, mais effectivement, il a fallu aussi se botter les fesses pour ! 😉
    Tu/vous verrez comment vous allez sentir cette nouvelle étape !

  12. 12
    Émilie

    J’ai lu ton lien lauraki et en effet je ressents la même chose 8 mois après avoir quitté Montréal, ces années passées la bas ont fait celle que je suis aujourd’hui mais ce n’est plus chez moi. J’ai retrouve un équilibre ailleurs mais ce n’est pas le même équilibre. Il ne faut pas avoir les mêmes attentes, les mêmes habitudes ect car ce n’est plus le même endroit. Le marché du travail est plus compliqué dans mon domaine en France par contre je savoure d’être + proche de la famille, de prendre la route et de retrouver les gens que j’aime, passer par la plage en rentrant, voir ma fille tisser des liens avec ses grands parents, ses taties ect.., de rencontrer aussi de nouvelles personnes. Bref ça fait du bien aussi de changer 🙂

  13. 13

    Ouais c’est vraiment très personnel à chacun ! Hier en discutant avec Claudia et son mari qui sont repartis 4 ans en France avant de revenir ici et de se dire que c’était à Montréal chez eux, ça fait un pincement au coeur c’est clair et on se dit que ça peut aussi arriver…

    À voir comment on ressentira cette étape en effet… pour nous, pour la famille, pour Titouan…

  14. 14

    Rien n’est infranchissable. Et puis changer ses habitudes, c’est aussi faire des nouvelles rencontres. Une nouvelle vie en perspective…

  15. 15
    Gaelle

    Ca me fait penser au jour où je suis arrivée à Montreal et que j’ai reçu l’email comme quoi j’étais acceptée comme lectrice en Australie… Ce choix a été vraiment difficile! mais quand je pense aujourd’hui qu’Erwan et Axel n’existeraient pas, que je n’aurais pas rencontré Dom et construit tout ce que j’ai ici, je n’ai aucun regret aujourd’hui! 🙂

  16. 16

    Ouais mais t’aurais rencontré un autre Dom, t’aurais eu d’autres enfants et tu te dirais : mon dieu heureusement que j’ai accepté ce poste… Hahahaha !


Laisser un commentaire ?