Cet ex qu’on arrive pas à rayer de sa vie…

On en a tous un non ? Ou au moins eu un pendant un (trop) long moment, il nous a gâché la vie, nous a harcelé, a ruiné nos nuits, ou au contraire nous a vite oublié et on s’est accrochés, pensant pouvoir un jour recoller les morceaux, repartir sur de bonnes bases… des fois ça arrive, remarquez, je connais quelques exemples !

Vous vous demandez de quoi je parle hein ? Je vous rassure, tout ceci n’est que métaphorique, tout va pour le mieux au sein de notre couple, aucun ex n’a re-débarqué subitement dans nos vies et on avance tranquillement dans notre vie à 4… enfin tranquillement, si on peut dire !

Cet « ex » c’est la France, mon pays natal, celui de tous mes ancêtres, celui que j’ai quitté il y a 9 ans, presque une décennie, et qui j’avoue, me donne pas mal de fil à retordre depuis tout ce temps et énormément aujourd’hui !

Il y a eu la phase « je fais un break » lors de mes nombreux stages à l’étranger au cours de mes études… et puis je suis toujours revenue, j’ai souvent eu le mal du pays (en fait à chaque fois !), j’ai voulu partir en Erasmus, j’ai jamais eu le courage, j’ai voulu partir 2 fois travailler à l’étranger, j’ai jamais eu le courage, pire, la première fois, j’en ai fait une crise d’angoisse terrible qui m’a mise à terre pendant un bon moment dans la foulée !

Et puis il y a eu la phase « je fais un long break, j’ai vraiment besoin de réfléchir, j’ai l’impression de donner beaucoup et de ne rien recevoir en retour »… c’était en 2005, ça n’avait pas forcément été facile non plus mais j’avais pris un billet pour le Québec, pour un an, pour essayer de lancer enfin un semblant de carrière professionnelle après 2 ans de chômage, CDD, vie précaire en studio dans une grande ville de province.

Le break d’un an a duré, s’est étalé sur des années, presque 8, avec juste quelques retours en vacances, tantôt une semaine, tantôt 2 mois… des retours mitigés, tantôt excitée de retrouver la mère Patrie, déçue de la quitter à la fin des vacances, me promettant de revenir y vivre un jour, tantôt rentrant par automatisme avec l’envie de redécoller dans l’autre sens rapidement ! Je ne saurais expliquer pourquoi je ressentais des sentiments aussi opposés d’une année sur l’autre mais les faits sont là !

Et puis l’envie de mettre un terme au break est arrivée, mais à moitié seulement. Envie de se rapprocher, mais timidement, pas trop près, de loin, pour voir… Le Luxembourg ne s’est pas vraiment imposé de lui-même malgré son emplacement idéal, mais un concours de circonstance a fait que…

Et puis on s’est rendu compte qu’on avait 2 patries maintenant, que celle d’adoption nous manquait, cruellement ! La France, si proche, avait gardé bon nombre de ses défauts alors à quoi ça servirait de se rapprocher encore un peu plus dans ce cas ? On aurait pu rester comme ça à la regarder de derrière la frontière du Grand-Duché mais la vie au Grand-Duché ne nous emballe vraiment pas plus que ça alors que faire ?

On préfère alors prendre la décision de re-traverser l’Atlantique et de reprendre une vie qu’on aimait et qui nous convenait, mais le projet devenant de plus en plus concret, les sentiments, de nouveau, se mêlent pour faire la part belle à un magnifique flou artistique dans mon cerveau d’expatriée-immigrante-presque impatriée !

Le fait d’avoir des enfants n’aide pas vraiment à avoir les idées claires, il faut l’avouer, au contraire même… on pense à eux, à l’avenir qu’on veut leur donner et on ne sait plus quoi faire ! Leur permettre de grandir proches de leurs cousins, grands-parents, oncles et tantes, dans « leur » pays finalement même si aucun des deux n’y est né ? Les faire grandir dans leur 2e pays, celui dont ils ont la nationalité également et où les avantages sont nombreux aussi ?

Aller ailleurs ? Non… ça par contre je ne m’en sens pas la force et je n’en ai pas envie en fait… l’école approche à grands pas et je veux leur amener un peu de stabilité dans ce domaine !

Tout est embrouillé, mêlé, enchevêtré dans mon cerveau depuis plusieurs semaines… il faut avouer que je suis bien perdue, que j’ai l’impression ne pas être capable de faire un choix, que j’ai l’impression de devoir faire un choix pour toujours alors que finalement peut-être pas ! L’impression d’une spirale infernale dans laquelle j’ai beau peser le « pour » et le « contre », je suis incapable de trancher… l’envie d’avoir le meilleur des deux mondes, tout en sachant que c’est impossible… je déteste les choix, les compromis…

Ça ressemble sûrement à un caprice de petite fille gâtée tout ça vu de l’extérieur… je suis consciente que c’est une chance de pouvoir « choisir » entre plusieurs pays, plusieurs culture, naviguer de l’un à l’autre, changer de vie aussi facilement, mais j’aimerais tellement une boule de cristal pour m’aider, me dire où il faut que j’aille, je me sens tellement perdue…

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6 réponses à “Cet ex qu’on arrive pas à rayer de sa vie…”

  1. 1
    Sabine

    Bon alors je vois que c’est toujours aussi confus dans ta tête et que tu n’as toujours pas pris ta décision. Malheureusement, je ne vois pas comment t’aider, c’est une décision tellement personnelle!
    La seule chose que je peux te dire c’est que je te comprends!

  2. 2
    Noémie

    Ma pauvre cocotte, comme je te comprends! Je suis sûre qu’il y a autant de « pour » et de « contre » de chaque côté de la balance (ahlala, la famille hein!) , et c’est encore plus difficile quand on a des enfants…dis toi que rien n’est forcément définitif (même si chaque déménagement à un cout énorme) et ça t’aidera peut être.
    Ou sinon… demande aux enfants de décider haha!
    Courage, ça ira mieux quand vous serez bien installés à nouveau 🙂

  3. 3
    charlotte

    et bien je suis dans le même cas. Depuis 3 ans au Québec, un bébé qui vient de naître ici, et l’impossibilité de savoir si on reste ou si on part (enfin pas tt de suite ms disons ds les 2 ans…).

    bref je vois de quoi tu parles et pr moi c’est pas un caprice!

  4. 4
    anne

    Je me sens un peu moins seule. Je suis installée au Lux depuis deux ans, nous avons un petit bébé. Et je ne parviens pas à passer le cap de mon départ de Paris. Je suis souvent triste, je regarde ce que font mes amis, je bave devant les nouveaux restos, je regrette mon quartier, les séances de ciné seule le dimanche matin, les après-midi à bouquiner aux tuileries, l’emploi du temps qui s’alourdissait mais qui me rendait vivante. Ici, oui nous avons un très grand jardin, ma fille apprend le luxembourgeois. oui, oui, oui. Mais… Je ne digère pas cette rupture amoureuse.

  5. 5

    Cet article est plein de sens pour moi…. Nous sommes au Québec depuis 4 ans et je pense que quand nous allons avoir des enfants, les questions que tu te posent seront aussi les miennes.
    Après je me console en me disant que je suis chez moi là où ma famille se trouve, mon conjoint pour l’instant, mes enfants plus tard.

  6. 6

    Courage les filles c’est pas facile ce que vous vivez 😉 Pour notre part nous sommes de retour au Québec sans regrets (pour le moment) 😉


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